Le lendemain de notre ballade au Puy de la Tourte, nous profitons du beau temps pour tracer une longue ligne (environ 30 km) qui nous mènera du col de Serre au lac Sauvage, via le puy de Niermont par le GR4, le sentier des Quirous, Dienne, le rocher de Laqueuille, le Col d'Entremont et le Frau de Collanges. Entre 8h et 9h de ballade, à la belle saison, le bonheur.
Départ donc, une fois de plus du col de Serre et de son chantier du futur.
On part sur le GR4 en longeant la crête qui domine, sur notre droite, la vallée de Dienne, et sur notre gauche, la vallée du Claux. Nous avons de nouveau le bonheur d'entendre s'élever du fond du bois Mary, le brame du cerf. On va d'ailleurs faire de nombreuses rencontres d'animaux de tous poils, durant cette journée... Notamment de beaux chevaux costauds et leurs poulains curieux.
L'ascension vers le Puy de Niermont est des plus agréable.
Arrivé au sommet, le paysage change du tout au tout. C'est "la montagne", dans la signification que les gens d'ici lui donnent : une immense estive qui abrite des milliers de têtes de bétail, des burons, des kilomètres de lignes de fils barbelés, et de nombreux troupeaux de chevaux. C'est le plateau du Limon, qui s'étend à perte de vue.
Toujours sur le GR4, on croise des dizaines de chevaux qui, attirés par notre présence, nous gratifient d'une cavalcade sauvage. On se croirait dans un film de John Ford...
Un cow-boy des temps modernes nous rejoint sur son quad. Il a perdu quelques vaches et un veau. Il veut savoir si on les a vu. "Oui, on a croisé quelques vaches monsieur, effectivement : environ 500?" On arrive au croisement du GR4 et du sentier des Quirous. Les cairns, ou quirous, ce sont ces tas de pierres de basalte qui dessinent tous les vingt mètres l’ancien chemin reliant Dienne à Cheylade, unique voie entre les deux villages jusqu’à la fin du 19ème siècle, et qui se prolongeait vers le nord du massif du Cantal. Les habitants fréquentaient alors ce plateau pour aller payer leurs impôts à Dienne et transporter leurs fromages dans des chars à bœuf jusqu’à la foire de Murat. C'était aussi une portion de la route du sel : le sel venant de l'Atlantique était transporté jusqu'à l'Alagnon à dos d'ânes. Les quirous évitaient alors aux voyageurs de se perdre par mauvais temps sur l’immense plateau du Limon. On en dénombre plus de 180, parfois hauts de près de 2 mètres. En les suivant, on évitait aussi les “sagnes” et autres pièges (source : l'echo de la communauté de communes). C'est aussi une belle randonnée qu'on peut faire également en hiver en raquette. On bifurque sur la droite et on suit donc nos quirous.
C'est l'arrivée à la croix du gendarme, dont on a déjà parlé ici. Le meilleur endroit qui soit pour manger un morceaux.
Puis, c'est la descente bucolique et tranquille vers Dienne. En face de nous, le rocher de Laqueuille, de l'autre côté de la vallée.
Après Dienne, il faut traverser la Santoire sur le vieux pont, puis, par une route en zig-zag, monter jusqu'au village de Laqueuille Haute. Attention, là, quelques chiens vindicatifs maraudent au milieu de jardins luxuriants. Et des idées folles de potée géante nous font venir des gargouillis de famine. On quitte alors la route pour gravir un chemin bien raide qui nous amène jusqu'au Rocher et sa croix monumentale
La vue vaut le détour.
Le chemin qui nous mène jusqu'au col d'entremont descend paresseusement jusqu'à la nationale 122, que l'on suit sur notre droite pour la traverser au bout de 200m vers un chemin balisé, indiqué sur la carte IGN 2435 OT. là, il faut un peu se concentrer, car souvent, c'est ici qu'on se perd. L'idée s'est de suivre la crête, en gardant à notre gauche la RN122 et à notre droite le Frau de Collanges (la fôret de sapins). Ainsi, on ne s'égare jamais vraiment.
En suivant ce chemin, on tombe nez à nez avec un cerf, trois biches et quelques unes de leurs progénitures. Tout ce petit monde bondissant dans tous les sens. C'est qu'on est tombé, une fois de plus, par malchance, au milieu d'une battue... Au sommet de la crête, on aperçoit en effet les gilets fluorescents postés, et dans le bois de sapin des hommes hurlent et des chiens clochettent en aboyant. Notre irruption semble contrarier l'implacable mécanisme de mise à mort. On se fait alors tout petit, et malgré les kilomètres déjà accumulés, on file ventre à terre pour échapper à cette ambiance un peu trop virile.
On atteint le village de Pejouzoux et, d'une traite, par une jolie petite route, le lac Sauvage, terme de notre marche.
Voilà donc une super rando à la journée, très variée, au dénivelé important mais raisonnable. Seule inconvénient, ce n'est pas une boucle, donc on est tributaire d'un chauffeur. A moins de repartir dans l'autre sens...
Quelques belles marches, lignes, voies, sorties, traces, chemins, trajets, crapahutes, ballades et autres courses. Et puis les moins belles aussi.
samedi 4 octobre 2014
vendredi 3 octobre 2014
En route 14 - Le puy de la Tourte, Cantal, France, octobre 2014
Départ du col de Serre, très tôt le matin. En semaine. Donc pas une voiture.
Avant, ici, il y avait un vague parking, dont la vue disparaissait au bout de quelques pas. Maintenant, à cet endroit, est en train de s'élever la future Maison des Activités de Pleine Nature. C'est ce qu'on appelle l'aménagement du territoire, sport préféré d'une région dynamique. On parle aussi de désenclavement, de développement durable, d'écologie. On est attractif et moderne : un projet à découvrir ici.
L'idée c'est de proposer des activités (avec toilettes propres et vente de souvenirs) aux visiteurs. Sinon, ils s'ennuient et, la fois suivante, ils partent visiter le mont Saint-Michel.
Nous, on bascule dans le bois Mary, en contrebas, encore plongé dans la nuit.
On a quitté le GR4 pour partir sur le GR400. Maintenant on est bien calé au fond du bois, sur une bonne piste qui descend en zigzag. Au bout de quelques minutes, à quelques pas, s'élèvent les brames d'un cerf. Son chant nous cloue sur place d'émotion. Il est là, au dessus du sentier, glissant entre les arbres de toute sa majesté. Il s'arrête, nous observe un temps infini, puis reprend sa route, impavide.
On continue sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger. On sort du bois et, à Lavialle, on tourne à gauche. Il est possible de rallonger en poussant jusqu'au joli village du Claux. Mais, non. On se dirige vers Lapeyre, au fond de la vallée. Au dessus de nous, en plein soleil, le puy de la Tourte.
De là, direction l'étang de Lascourt et son paysage d'Irlande, via le four troglodyte de Lapeyre, dont on a déjà parlé ici. On file par une route de crête jusqu'aux Chamillous, point de départ, en hiver, de pistes de ski de fond.
Maintenant, c'est le superbe bois de la Bragouse qu'il faut traverser, toujours sur le GR 400, en zigzagant vers le Suc Gros.
Au buron de Ricou la Mouche (on donnerait cher pour connaître la raison de ce nom oublié) en ruine, c'est le moment de reprendre son souffle. Avant l'arrivée sur à la crête qui sépare le Suc Gros du Suc de la Blatte. Virage à Gauche, toujours sur le GR400.
Sous nos pieds, le bois de la Bragouse, derrière nous la vallée du Falgoux, dominée par le rocher de l'Aygue (1600m). On arrive au sommet du suc de la Blatte 1562m, pour continuer immédiatement vers le Puy de la Tourte en face.
Seul moment un peu raide de cette boucle, l'arrivée au sommet du Puy de la Tourte (1704m). Là, on découvre face à nous le Puy Mary et la Chapeloune. La vue est grandiose. C'est le moment de s'arrêter pour casser une graine et faire sécher les vêtements.
C'est l'arrivée au pas de Peyrol, déjà déserté par les visiteurs. Quitte à être là, on fait l'aller retour en vitesse jusqu'au sommet du Puy Mary, voir si la vue est toujours aussi belle là haut. Oui, elle l'est. On redescend, et on boucle notre circuit au col de Serre, ou les aménageurs continuent d'aménager.
Très belle rando, extrêmement variée, effectuée en 6h environ. Sans aucune difficulté et très bien balisée puisque suivant le GR400 dans sa quasi totalité.
On décide de rejoindre le village de La Vigerie, par la montagne d'impradine, histoire de boire un coup chez Alta Terra. Bon, c'était fermé et on est mort de soif.
Avant, ici, il y avait un vague parking, dont la vue disparaissait au bout de quelques pas. Maintenant, à cet endroit, est en train de s'élever la future Maison des Activités de Pleine Nature. C'est ce qu'on appelle l'aménagement du territoire, sport préféré d'une région dynamique. On parle aussi de désenclavement, de développement durable, d'écologie. On est attractif et moderne : un projet à découvrir ici.
L'idée c'est de proposer des activités (avec toilettes propres et vente de souvenirs) aux visiteurs. Sinon, ils s'ennuient et, la fois suivante, ils partent visiter le mont Saint-Michel.
Nous, on bascule dans le bois Mary, en contrebas, encore plongé dans la nuit.
On a quitté le GR4 pour partir sur le GR400. Maintenant on est bien calé au fond du bois, sur une bonne piste qui descend en zigzag. Au bout de quelques minutes, à quelques pas, s'élèvent les brames d'un cerf. Son chant nous cloue sur place d'émotion. Il est là, au dessus du sentier, glissant entre les arbres de toute sa majesté. Il s'arrête, nous observe un temps infini, puis reprend sa route, impavide.
On continue sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger. On sort du bois et, à Lavialle, on tourne à gauche. Il est possible de rallonger en poussant jusqu'au joli village du Claux. Mais, non. On se dirige vers Lapeyre, au fond de la vallée. Au dessus de nous, en plein soleil, le puy de la Tourte.
De là, direction l'étang de Lascourt et son paysage d'Irlande, via le four troglodyte de Lapeyre, dont on a déjà parlé ici. On file par une route de crête jusqu'aux Chamillous, point de départ, en hiver, de pistes de ski de fond.
Maintenant, c'est le superbe bois de la Bragouse qu'il faut traverser, toujours sur le GR 400, en zigzagant vers le Suc Gros.
Au buron de Ricou la Mouche (on donnerait cher pour connaître la raison de ce nom oublié) en ruine, c'est le moment de reprendre son souffle. Avant l'arrivée sur à la crête qui sépare le Suc Gros du Suc de la Blatte. Virage à Gauche, toujours sur le GR400.
Sous nos pieds, le bois de la Bragouse, derrière nous la vallée du Falgoux, dominée par le rocher de l'Aygue (1600m). On arrive au sommet du suc de la Blatte 1562m, pour continuer immédiatement vers le Puy de la Tourte en face.
Seul moment un peu raide de cette boucle, l'arrivée au sommet du Puy de la Tourte (1704m). Là, on découvre face à nous le Puy Mary et la Chapeloune. La vue est grandiose. C'est le moment de s'arrêter pour casser une graine et faire sécher les vêtements.
C'est l'arrivée au pas de Peyrol, déjà déserté par les visiteurs. Quitte à être là, on fait l'aller retour en vitesse jusqu'au sommet du Puy Mary, voir si la vue est toujours aussi belle là haut. Oui, elle l'est. On redescend, et on boucle notre circuit au col de Serre, ou les aménageurs continuent d'aménager.
Très belle rando, extrêmement variée, effectuée en 6h environ. Sans aucune difficulté et très bien balisée puisque suivant le GR400 dans sa quasi totalité.
On décide de rejoindre le village de La Vigerie, par la montagne d'impradine, histoire de boire un coup chez Alta Terra. Bon, c'était fermé et on est mort de soif.
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